Ce billet est court, parce que la règle l’est. Il existe parce que la règle canadienne est l’inverse de la règle française, et qu’un site français ne peut pas la porter sans se contredire. Tout ce qui suit a été relu sur les pages d’aide de Google le 6 septembre 2026.
La règle, telle que Google l’écrit
La page d’aide sur les taxes dans les données produit est sans ambiguïté : il ne faut inclure aucune taxe, telle que la taxe sur la valeur ajoutée ou la taxe de vente, dans l’attribut price ni dans aucun autre attribut lorsque l’on cible les États-Unis ou le Canada. Pour les autres pays listés, dont la France, la consigne est l’inverse : fournir le prix taxes comprises et s’assurer que la page de destination affiche le même prix.
La spécification de l’attribut price répète la règle pour le Canada et ajoute la contrainte de cohérence : le prix soumis doit correspondre à celui de la page de destination et du paiement, dans la devise du pays ciblé, donc en dollars canadiens.
Le piège que presque personne ne connaît est dans l’attribut shipping : pour le Canada uniquement, les frais de livraison se soumettent hors taxes. Un flux qui calcule des frais de port taxes comprises, comme il le fait pour la France, est faux sur deux attributs et pas un.
Ce qui casse quand un flux français est migré tel quel
Trois symptômes, dans l’ordre où ils apparaissent.
Refus pour incohérence de prix. Le flux annonce 114,98 $ (un prix de 100 $ auquel un gabarit français a ajouté les taxes québécoises), la page de destination affiche 100 $ avant taxes, comme Shopify le fait par défaut au Canada. L’écart dépasse la tolérance de Google : l’offre est refusée, produit par produit, avec la mention d’une différence de prix.
Prix affiché trop haut et taux de clics qui s’effondre. Quand l’écart passe sous le seuil de refus, ou quand la page a été alignée dans le mauvais sens, l’annonce Shopping affiche un prix supérieur de 15 % à celui des concurrents canadiens qui, eux, annoncent hors taxes. Personne ne clique.
Divergence entre données structurées, flux et paiement. Google recoupe le prix du flux avec le balisage schema.org de la page et avec le montant au paiement. Un thème français qui écrit le prix taxes comprises dans les données structurées crée une troisième valeur. Le compte finit par recevoir un avertissement de qualité des données qui touche l’ensemble du catalogue.
La règle de cohérence à quatre points
Un même nombre, hors taxes, en dollars canadiens, à quatre endroits : l’attribut price du flux, le prix visible sur la page de destination, la propriété price des données structurées de la page, et le sous-total avant taxes au paiement. Les taxes s’ajoutent au paiement selon la province de livraison ; elles n’apparaissent nulle part en amont.
Côté Shopify : ce qui est déjà correct
Shopify affiche les prix hors taxes par défaut. La page d’aide sur les prix taxes comprises liste les pays où la fonction s’applique, et le Canada n’y figure pas. Pour une boutique canadienne, la configuration par défaut est donc la bonne, et le seul moyen de la casser est d’activer volontairement l’inclusion des taxes dans les prix, ce que font certaines marques françaises qui ouvrent un marché canadien en dupliquant leur boutique.
Vérifiez deux choses. Dans « Paramètres, Taxes et droits de douane », l’option d’inclusion des taxes dans les prix est désactivée. Dans le canal Google et YouTube, le pays cible est le Canada et la devise le dollar canadien : un flux envoyé en euros vers un pays cible canadien est refusé avant même la question des taxes.
Ce que ça donne pour un client québécois
Le Québec applique deux taxes calculées séparément sur le même prix avant taxes : la TPS fédérale à 5 % et la TVQ à 9,975 %, soit 14,975 % combinés. Sur un produit à 100 $ hors taxes, le client paie 114,98 $ au paiement. C’est ce montant que votre annonce ne doit jamais afficher, et c’est aussi celui que votre page ne doit pas écrire dans ses données structurées. Les autres provinces vont de la TPS seule à 5 % à une TVH combinée pouvant atteindre 15 % : les taux à jour sont sur le site de l’Agence du revenu du Canada, et c’est le module de taxes de la boutique qui les applique au paiement, pas le flux.
Ce que la règle hors taxes ne vous autorise pas dans l’annonce
Soumettre hors taxes à Google n’est pas une licence pour annoncer « sans taxes ». Revenu Québec interdit les formulations publicitaires du type « pas de TPS ni de TVQ » ou « journée sans taxes » : un commerçant qui absorbe les taxes doit annoncer un rabais équivalent. Et le prix affiché dans une annonce Shopping est un prix de produit, avant taxes, ce qui est admis parce que les taxes dépendent de la province de livraison. Le sujet du prix tout inclus dans la publicité, plus large, fera l’objet d’un billet séparé.
Vérification en dix minutes sur un compte existant
- Dans Merchant Center, ouvrir « Produits, Diagnostics » et filtrer les problèmes contenant « prix ». Noter le nombre d’offres touchées.
- Prendre trois produits au hasard. Pour chacun, relever le prix du flux (« Produits, Tous les produits », colonne prix), le prix de la page, le prix des données structurées (afficher la source et chercher
"price"), et le sous-total avant taxes dans un panier test avec une adresse québécoise. - Les quatre valeurs sont égales : le flux est sain sur le prix. Une seule diverge : c’est celle à corriger, jamais les trois autres.
- Ouvrir l’attribut
shippingd’un produit et comparer au tarif de livraison hors taxes configuré dans Shopify. Si le montant du flux est supérieur de 5 % à 15 %, une application ou un gabarit y ajoute les taxes. - Refaire le test après correction et attendre le prochain traitement du flux avant de conclure.
Un flux canadien correct n’a rien de compliqué. Ce qui coûte cher, c’est de le construire à partir d’un flux français en pensant que seule la devise change. Si vous migrez un catalogue européen vers le Canada, notre page Google Ads à Montréal décrit comment nous paramétrons Merchant Center pour le marché canadien, et la question voisine, un flux ou deux pour une boutique bilingue, viendra dans un prochain billet.